" Ses poumons aspirant désormais plus de gaz carbonique que d'oxygène,mère Yseult suffoque. La bougie est si faible que son éclat se réduit à un point orange dans l'obscurité. Puis la flamme vacille et s'éteint,la mèche achevant de se consumer dans un grésillement Les ténèbres se referment sur la religeuse qui sanglote sans bruit. Un frottement de l'autre côté de la parmi la fait tressaillir. Étouffée par l'épaisseur du mur,la voix de Bragance retentit à nouveau,beaucoup plus proche. Sa main drôlant le mur,la novice chuchote comme une enfant qui joue à cache-cache dans le noir.
-Cesser de fuir,ma mère.Venez avec nous.Nous sommes toutes là.
D'autres chuchotements répondent à ceux de Bragance.Ses cheveux se dressant sur sa nuque,mère Yseult reconnaît les gloussements de soeur Sonia,le bégaiement de soeur Édith,les grincements de dents si horripilants de soeur Margot et le petit rire nerveux de Clémence dont le sourire terreux hante toujours sa mémoire. Douze paires de mains mortes effleurent les murs en même temps que celles de Bragance. Lorque les frottements s'arrêtent à sa hauteur,la vieille religieuse emmurée retient ce qui lui reste de respiration pour ne pas trahir sa présence.Silence.Puis Yseult entend quelque chose renifler de l'autre côté de la paroi,et le chuchotement de soeur Bragance résonne à nouveau dans l'obscurité.
-Je te sens. Nouveau reniflement,plus appuyé.
-Tu m'entends,vieille truie?Je sens ton odeur.
Yseult étouffe un gémissement de terreur.Non,la Bête qui s'est emparée du corps de Bragance ne la sent pas.Sinon pourquoi se donnerait-elle la peine de l'appeler? La mère supérieure se cramponne de toutes ses forces à cette certitude.Puis,tandis que les mains de ses soeurs mortes recommencent à frôler le mur,elle se rend compte qu'un râle d'asphyxie se fraye un chemin à travers sa poitrine qu'elle ne parviendra pas à contenir. Alors,des larmes de regret traçant des sillons sur ses joues,mère Yseult referme ses doigts autour de son propre cou.Et,pour ne pas risquer de trahir sa présence ni celle de l'évangile selon Satan dont les filigranes rouges luisent faiblement dans les ténèbres,elle s'étrangle de ses propres mains. "
Je porte du 12ans en pantalon
Et alors, j'y flotte encore de toute façon
Tous mes vêtements sont trop grands
Mais je me trouve énorme dedans.
Mon gros ventre crie famine
Un manque pesant de vitamines
Mes jambes tremblent souvent
Mais tant que je tiens debout c'est le plus important
Mon apparence inquiète tout le monde
Dévisagée comme un monstre immonde
Vous ne me voyez pas comme je me vois
Ni les efforts que j'ai dû faire pour en arriver là !
Mes os se dessinent sur ma chair transparente
Cette situation n'a pourtant rien d'alarmante
Je me sens forte, bientôt je serai enfin belle
Et chacun me voudra pour modèle
Comparable à ces mannequins de grande renommée
Je ne tarderai pas à les surpasser
Ainsi vous voudrez toutes me ressembler
Même si pour cela il fallait tout donner....
...Même la vie